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Une initiative de Question Santé asbl

C’est pas bon pour la santé…

L’objectif d’un régime, c’est l’amaigrissement, pas la santé. Et beaucoup de régimes peuvent susciter des déséquilibres dans le corps, surtout s’ils sont pratiqués de manière sévère et/ou prolongée : déficit en vitamines, diminution de la masse osseuse, troubles du rythme cardiaque…

Parmi les personnes qui font régime, nombreuses sont celles qui n’en ont pas réellement besoin pour des raisons de santé. Leur motivation est davantage d’ordre esthétique.
En outre, de nombreux régimes, lorsqu’ils sont suivis de façon trop stricte, peuvent avoir des conséquences néfastes pour la santé. Selon le type de régime (dissocié, hyperprotéiné, basses calories, etc.), les risques varient : d’un léger déficit en minéraux et vitamines à l’accident cardiovasculaire, en passant par une augmentation du cholestérol, la constipation, la déshydratation, la perte de masse musculaire ou encore des maux de tête et des vertiges.
Lorsqu’on veut agir pour sa santé, mieux vaut donc veiller à un bon équilibre global (alimentation variée, activité physique régulière, sommeil, loisirs, contacts sociaux) que se focaliser sur les calories dans son assiette…


Une étude du CRIOC, Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs, classe 19 régimes alimentaires selon leurs effets sur la santé. Les conclusions ?

  • « La plupart des régimes sans suivi peuvent entraîner au mieux des carences alimentaires, au pire de graves problèmes de santé.
  • Ces régimes permettent une perte de poids rapide, mais ne permettent pas une perte de poids à long terme. Ils ne permettent pas la prise de conscience des erreurs alimentaires qui ont amené l’excès de poids.
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    En suivant ces régimes, le consommateur n’apprend pas à gérer de manière autonome son alimentation à long terme et à prendre de meilleures habitudes alimentaires pour une meilleure hygiène de vie. Dès lors, le CRIOC conseille à tout consommateur qui désire suivre un régime alimentaire de s’adresser à un professionnel de la nutrition afin de ne courir aucun danger. »

Pour plus de détails, on peut se référer à cette étude ainsi qu’au rapport de l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (France), intitulé Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement

Le docteur Lecerf nuance la notion de perte de poids, précisant qu’elle n’est pas toujours bénéfique lorsqu’elle est excessive. « La balance bénéfice/risques doit toujours être prise en considération. Tout l’enjeu est là et il est délicat. C’est au médecin d’en juger. On sait qu’on améliore beaucoup la santé d’une personne en surpoids, en réduisant ce dernier de seulement 5 à 10%. Or ce niveau de perte est tenable et il peut être atteint par un compromis entre les contraintes alimentaires acceptables et un équilibre psychosocial. Perdre beaucoup plus expose en fait non seulement à d’autres inconvénients [et risques pour la santé], mais surtout à une reprise de poids plus fréquente, plus importante : on a rien gagné. » [1]

Pour un cas concret, on peut par exemple lire le témoignage de Brigitte Saâda

[1Lecerf J.-M., À chacun son vrai poids, Odile Jacob, 2013, p. 103.