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Une initiative de Question Santé asbl

Campagnes

Décembre 2015

Poids, surpoids : balançons les préjugés !"

On y pense en s’habillant. en s’apercevant dans un miroir. en reprenant un peu de gratin. Ou du dessert. Ou un bon verre. En appréhendant l’été et les vacances à la plage... Le poids ! Notre poids ! Quelques (ou beaucoup) de kilos (parfois supposés) en trop se transforment souvent en une préoccupation démesurée ou permanente...
Après avoir lancé la réflexion sur la stigmatisation de l’obésité, puis proposé 10 raisons de ne pas faire régime, la campagne Voyons large revient. Pour se poser des questions sur le poids des normes. Et mieux comprendre comment nos comportements se construisent et comment notre environnement nous incite à être mince... tout en nous poussant à̀ manger trop.

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Calendrier 2016
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Dossier de presse
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Communiqué de presse 2015



Mai 2013

Campagne de sensibilisation "10 bonnes raisons de ne pas faire régime"

Cette campagne vise à démystifier les "miracles" des régimes en mettant en évidence les risques et dangers des pratiques amaigrissantes ainsi que la tyrannie de la minceur dans nos sociétés.

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Communiqué de presse
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Contexte et argumentaire de la campagne
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Pour obtenir les fichiers ci-dessus sur DVD, n’hésitez pas à nous contacter.

Mais au fait... qu’en pense la comédienne ?



Juin 2012

Campagne de sensibilisation à la problématique de la discrimination liée au surpoids

Cette campagne a pour but d’attirer l’attention sur la stigmatisation et la discrimination, envers les « gros » et les rondeurs en générale, pour inciter à une prise de conscience de l’importance de la norme de minceur dans nos sociétés.

De la banalité des stigmatisations aux vraies discriminations : les conséquences négligées des kilos excédentaires

On parle beaucoup d’obésité, d’épidémie d’obésité, des problèmes de santé qui en découlent.

On parle très peu du vécu et des conditions de vie des personnes obèses dans notre société.
Comment sont-elles acceptées par les autres ? Vivent-elles des situations particulières de stigmatisation ?

On sait que le rejet et la discrimination se fondent bien souvent sur des critères liés à l’apparence physique : couleur de peau, sexe, handicap, âge…

Et quand nous nous sommes interrogés sur cette question, nous avons été étonnés de trouver peu de données en Belgique évaluant les discriminations liées au poids. Par contre, des travaux menés en France et aux Etats-Unis et la récolte de témoignages, tant directs que sur des forums web, permettent de comprendre qu’aujourd’hui, la corpulence est également devenue un important facteur de stigmatisation et d’exclusion.

De nombreux stéréotypes négatifs sont véhiculés sur les personnes rondes. On (la rumeur) dit souvent qu’elles seraient paresseuses, faibles, sans volonté, sales, moins intelligentes, moins compétentes, peu séduisantes, peu féminines/ pas viriles…

• Des discriminations au travail
En France, des chercheurs ont montré que la proportion de temps passé sans emploi durant la vie active augmente significativement en fonction du poids lorsque celui-ci dépasse l’indice de masse corporelle considéré comme normal. Les personnes obèses ont également une moindre probabilité de retrouver un emploi : une personne obèse reçoit trois fois moins de réponses positives pour un poste de commercial qu’une personne d’apparence mince.

Selon des données provenant des Etats-Unis, les discriminations concernent aussi bien l’embauche, les salaires, les promotions, la cessation d’emploi que le quotidien en milieu de travail : près d’un travailleur sur deux signale une stigmatisation par les collègues et quatre sur dix par les employeurs et superviseurs (humour déplacé, commentaires péjoratifs, traitement différencié, etc).

• Etonnamment, les études mentionnent aussi des discriminations dans le domaine de la santé.
Ainsi, aux Etats-Unis toujours, diverses études montrent que les professionnels de la santé véhiculent des attitudes et croyances négatives à l’égard des personnes obèses, notamment qu’elles sont paresseuses, indisciplinées, maladroites, peu attrayantes, ont une volonté faible et donc une mauvaise adhésion aux traitements.

• Les personnes obèses doivent parfois aussi faire face à des difficultés dans les relations interpersonnelles.
Des études récentes montrent la réalité des perceptions négatives basées sur le poids, surtout vis-à-vis des femmes obèses, émanant des membres de la famille et des amis, ainsi que dans la vie amoureuse.

Les jeunes sont eux aussi touchés dans leurs relations, ce qui n’est pas sans conséquence. « Les enfants en surpoids qui font l’objet de moqueries et de brimades à cause de leur poids ont 2 à 3 fois plus de risques de développer des pensées suicidaires que ceux qui ne sont pas tourmentés. »

• Aux Etats-Unis, des analyses de contenu des médias et des fictions télévisées (sitcom) démontrent la stigmatisation des personnes en surpoids, plus particulièrement des femmes (on leur prête des traits de caractères plutôt négatifs, elles font l’objet de commentaires négatifs des autres personnages, etc). On retrouve les mêmes tendances dans les fictions pour enfants.

Les publicités omniprésentes sur les régimes et méthodes miraculeuses pour perdre du poids mettent souvent l’accent sur le message que le poids est facilement modifiable et que le succès est une simple question d’effort personnel. Elles dépeignent les personnes en surpoids comme malheureuses et sans attraits et connotent la perte de poids comme le Nirvana.

• L’ensemble de ces stigmatisations a de lourdes conséquences sur le bien-être et l’estime de soi.
À force de subir des remarques, des moqueries, des exclusions banales dans la vie quotidienne, le discours médiatique ambiant, etc, les personnes en surpoids perdent insidieusement confiance en leur image, en leurs capacités, avec pour conséquence une difficulté inconsciente de se présenter positivement, notamment lors d’un entretien d’embauche, d’un examen ou d’un rendez-vous galant par exemple.
La fréquence des expériences de stigmatisation chez des personnes (obèses) est associée à une baisse de l’estime de soi et à une augmentation de problèmes comme la dépression, l’anxiété, la perception négative de son corps et des troubles alimentaires (accès de boulimie). De nombreuses études ont montré un lien entre le stress lié à une discrimination (quelle qu’elle soit) et divers troubles de santé, dont une prise de poids. La stigmatisation liée à un excès de poids est donc susceptible de contribuer à une prise de poids supplémentaire !

• Et les enfants ne sont pas épargnés par ce phénomène d’exclusion.
La prévention de l’obésité chez l’enfant est devenue une priorité de santé publique. Il est certain que prévenir le surpoids est une stratégie pertinente quand on connaît les difficultés rencontrées pour réduire le poids chez des personnes obèses. Cependant, des auteurs soulignent que la réduction des discriminations liées au poids est tout aussi importante que la réduction de l’indice de masse corporelle.
Dans cette perspective, les enfants ont besoin d’adultes (parents, enseignants, etc) pour défendre leurs intérêts et lutter contre les préjugés de poids.
En effet, selon certains auteurs, les effets néfastes des stigmatisations de l’enfant pourraient sans doute s’avérer aussi délétères pour son bien-être que son excès de poids. Malheureusement, les enseignants ont souvent des représentations négatives des élèves en surpoids et les perçoivent plutôt comme désordonnés, trop émotifs, comme ayant moins de chances de réussir et plus susceptibles d’avoir des problèmes familiaux par rapport à leurs pairs de poids normal.

• Enfin, trop souvent, on présente l’obésité en terme de responsabilité individuelle, en focalisant sur les comportements et solutions individuels (excès alimentaires et alimentation malsaine à corriger par un changement d’habitudes alimentaires).
Cette présentation omet les dimensions sociétales importantes contribuant à la progression de l’obésité dans nos sociétés ; en outre, elle renforce la stigmatisation des personnes obèses (ce qu’on qualifie en promotion de la santé de « blâme de la victime »).

Rôle du Centre pour l’Egalité des Chances dans la lutte contre les discriminations liées à l’apparence physique

Le Centre pour l’égalité des chances est un service public indépendant dont une des missions est de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité des chances.

Depuis 2003, il est compétent pour traiter des signalements et des dossiers qui concernent des critères protégés autres que ceux liés au racisme : handicap, état de santé, orientation sexuelle, âge, etc …
Il est donc tout à fait logique que le Centre s’associe à une campagne qui vise à sensibiliser à la stigmatisation et la discrimination dont les personnes en surpoids peuvent être victimes.

En effet, le surpoids peut être rattaché à différents critères protégés par la loi du 10 mai 2007 : la caractéristique physique , l’état de santé, le handicap ou une caractéristique génétique.
La loi trouve à s’appliquer tant sur le plan de la discrimination pure (refus d’emploi ou de bien ou de service en raison du surpoids) que sur un volet plus pénal : harcèlement voire même circonstance aggravante si certains crimes ou délits (ex : coups et blessures) devaient être motivés par le surpoids.
Les personnes en surpoids font l’objet de certains stéréotypes ou préjugés fortement ancrés dans la psyché collective. Celles-ci seraient responsables de leur état, paresseuses, moins compétentes sur le plan professionnel, car lentes et moins volontaires. Et en raison de ces stéréotypes, elles peuvent alors se retrouver victime de discrimination.

En 2009, un colloque auquel a participé le Centre était organisé à Lille sur le thème de "l’apparence physique comme motif de discrimination". Le rapport de ce colloque note entre autres que "les difficultés rencontrées par les personnes obèses liées à leur apparence sont peu prises en compte car nombreux sont ceux qui s’imaginent qu’il est possible, avec de la volonté et une hygiène de vie correcte (…) de rentrer dans les normes de poids. De plus, les intéressés se plaignent rarement, persuadés d’être coupables de ne pas faire ce qu’il faut pour maigrir et de n’avoir que ce qu’ils méritent."

Entre 2009 et 2012, le Centre a ouvert une trentaine de dossiers liés au poids. C’est peu au regard de la réalité et cela veut dire que peu de personnes victimes de ce type de discrimination franchissent le pas d’introduire un signalement.

Secteurs

• En emploi : 12 dossiers (41%). Excepté un dossier de licenciement lié au surpoids de la personne, les 11 autres dossiers concernent des refus d’embauche, notamment pour des chauffeurs de bus et des vendeuses.
Des personnes se voient "officiellement" écartées d’un poste au motif que leur poids est inadéquat à la fonction et peut présenter un danger pour elles-mêmes et donc aussi pour les autres. Sans nier que le surpoids puisse parfois être un facteur d’inaptitude pour remplir certaines fonctions, le Centre constate que a plupart du temps, cette exclusion d’office s’applique sans qu’aucun examen individuel de la santé de la personne concernée et du contexte de travail ne soit entrepris, ce que dénonce le Centre.

• Dans les biens et services 12 dossiers (41%) dont,

Assurances (solde restant dû) : 5 refus d’assurances + 1 refus d’indemnisation
Compagnies aériennes : 4 plaintes contre Ryanair contre leur projet de taxes pour les voyageurs obèses (« fat tax »)
Logement : 2 dossiers (inadaptation d’un logement social + refus de location car logement sans ascenseur)
Réglementation : 1 dossier (équipement obligatoire des motards incompatible quand surpoids trop important).

Il faut aussi prendre en compte quelques dossiers qui relèvent du harcèlement.
Attention, dans le domaine de la discrimination, toute différence de traitement n’est pas nécessairement une discrimination interdite. Il se peut que des différences puissent être acceptées par des justifications objectives et raisonnables. Ex : pour des raisons de santé, de sécurité …

Ainsi, la plupart des discriminations dont sont victimes les personnes en surpoids passent inaperçues, ne sont jamais dénoncées et pire, sont parfois jugées "acceptables". Si la question des discriminations liées à l’apparence physique recoupe largement la question des autres discriminations sociales (liées à la couleur de peau, à l’âge, au sexe,…), elle reste donc à ce jour peu reconnue et peu prise en compte.

Comment contacter le Centre ?

•Par téléphone
Via la ligne gratuite 0800 12 800 ou via le numéro général 02 212 30 00
Lundi : 9 h – 12 h
Mardi : 9 h – 12 h et 13 h – 17 h
Mercredi : 9 h – 12 h et 13 h – 17 h
Vendredi : 9 h – 12 h

•Par le site web
Le site internet www.diversite.be contient un formulaire pour signaler un cas de discrimination ou pour poser une question

• Par écrit
Vous pouvez nous contacter à tout moment par courriel (epost@cntr.be), par fax (02 212 30 30) ou par lettre (Centre pour l’égalité des chances, Service première ligne, rue Royale, 138 - 1000 Bruxelles).

•Personnellement
Vous pouvez passer dans nos bureaux, rue Royale 138 à 1000 Bruxelles, soit lors de la permanence le jeudi matin de 9h30 à 12h00, soit sur rendez-vous en ce compris en dehors des heures de bureau. (Gare : Bruxelles central - Métro : Parc – Tram : lignes 92 et 94)

Agir pour une société plus ouverte : présentation de la campagne "voyons large"

Si l’on parle peu de la stigmatisation, du rejet et de la discrimination des personnes en surpoids, a contrario, dans nos sociétés occidentales, les messages liés à la minceur sont hyper présents.

La minceur est en effet socialement valorisée (preuve de réussite, de statut social, de volonté, etc.). Elle est présentée comme l’idéal, la norme esthétique à laquelle se conformer.
En Belgique d’ailleurs, plus de la moitié de la population se préoccupe de son poids et souhaite maigrir.

C’est donc parce que cette norme de minceur existe et définit ce qui est normal ou au contraire hors norme qu’un regard stigmatisant et discriminant est porté sur les personnes qui ne correspondent pas à l’idéal.

C’est pourquoi, avec cette campagne de sensibilisation, nous avons aussi voulu mettre en évidence la norme de minceur qui s’est réellement imposée dans nos sociétés. Pourquoi est-elle devenue la référence ? Quels éléments y contribuent et la renforcent ?

L’histoire montre en effet que la minceur n’a pas toujours été valorisée comme elle l’est aujourd’hui. Autrefois, lorsque les périodes de pénurie alimentaire étaient fréquentes, l’embonpoint était signe de force, de fertilité, de richesse, de puissance, bref, d’un certain statut social.
Mais, petit à petit, la nourriture s’est faite plus accessible et les rondeurs ont perdu leur attrait. La minceur s’est alors imposée comme idéal esthétique, la norme par excellence.
Les rondeurs font désormais l’objet d’un rejet extrême, tant de la part des personnes minces que des personnes ayant elles-mêmes un certain embonpoint et ne l’acceptant pas.

Les facteurs qui influencent notre désir d’être mince sont nombreux.

Ainsi, les médias font sans cesse la promotion de corps minces : un corps idéal pourtant souvent inaccessible et généreusement retouché via des programmes informatique. Les messages sur la minceur, les régimes et la beauté sont également nombreux et influencent notre désir d’être mince et notre image de nous. C’est par exemple le cas d’articles à propos de régimes miracles et express qui valorisent de cette façon la minceur comme l’objectif à atteindre. Paradoxalement, on retrouve aussi dans les médias de nombreuses publicités alimentaires (qui nous incitent à manger, voire à grignoter des aliments peu sains).

La minceur est aussi devenue un argument marketing. On trouve en effet sur le marché de plus en plus de produits sensés nous aider à rester mince, voire à maigrir. Tel est par exemple le cas dans le domaine de l’industrie cosmétique, pharmaceutique ou encore agro alimentaire. Les crèmes miracles anti-cellulite, les compléments alimentaires « brûleurs de graisse » et les aliments allégés en matière grasse sont autant de produits qui profitent de l’obsession actuelle de la minceur et ont tout intérêt à l’entretenir pour vendre un maximum.
Dans le domaine de la santé, la lutte contre l’obésité contribue également à renforcer la norme de minceur. En plus de ne pas coller à la norme esthétique, les personnes en surpoids sont considérées comme déviantes en termes de santé.
Par ailleurs, certains messages de prévention sanitaire renforcent la légitimité accordée à la norme de minceur.
Cela peut s’avérer culpabilisant pour ceux jugés trop gros et seuls responsables de leur corpulence. Pourtant, il est également important de prendre en compte la multiplicité de facteurs qui influencent notre corpulence : notre environnement, nos modes de vie, les aspects socio-économiques, culturels…

Mais il ne faut pas perdre de vue qu’une norme est avant tout une construction sociale. C’est donc aussi parce que nous avons nous-mêmes intégré ce modèle esthétique que nous le reproduisons et lui permettons de continuer à régner, souvent sans même s’en rendre compte.
En acceptant la norme de la minceur, en tentant de s’y conformer, nous contribuons d’une certaine manière au renforcement de ce modèle esthétique et à la standardisation des corps.
Prendre conscience de cette norme et de ses effets pervers peut donc être un premier pas pour prendre du recul et peut-être s’en détacher.

Nous sommes bien entendu conscients que modifier une norme sociale est un travail qui se fait sur des années voire des générations, mais il est nécessaire de transmettre suffisamment d’information et de mettre en débat un tel sujet. Apporter un autre point de vue sur la situation est primordial pour pouvoir remettre en question des normes bien ancrées dans la société et dans l’histoire.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le projet « Voyons large » se déclinera dans le temps. Cette campagne de sensibilisation à la discrimination des personnes en surpoids est donc le premier volet d’un projet qui a pour objectif de mettre en évidence les divers aspects de la thématique du surpoids de façon à éclairer le sujet dans sa globalité et à donner à chacun les cartes en main pour agir et décider en connaissance de causes.

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