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Une initiative de Question Santé asbl

Etre gros, un obstacle dans la vie



La minceur comme preuve de réussite sociale

Aujourd’hui, la minceur semble être une preuve de réussite dans la vie et correspondre à une certaine reconnaissance sociale. À l’inverse, traîner des kilos « en trop » peut être vraiment … pesant !

Même si cela est rarement dit de façon claire, être mince semble réservé à une élite, aux classes sociales supérieures. En effet, « le fait est avéré : même si elle s’étend depuis quelques années à toutes les couches de la population, l’obésité touche davantage les pauvres que les riches.
Faute de temps et de moyens, mais aussi parce que les habitudes culturelles sont différentes, on prend davantage de poids au bas de la pyramide sociale qu’à son sommet. » [1]

« Plus de 50% des Américains se déclarent complexés par leur apparence extérieure, 50% de ces 50% considérant que leurs imperfections sont un obstacle majeur à la réussite de leur vie… » [2]

De plus, être gros semble être un frein à l’ascension, tant sociale que professionnelle. Les stéréotypes associés au surpoids portent des connotations tellement négatives qu’ils peuvent agir comme une barrière à l’évolution personnelle souhaitée. D’ailleurs, n’a-t-on pas vu récemment plusieurs politiciens perdre soudainement du poids…

Parmi les jugements et stéréotypes souvent associés aux gros, on retrouve : la paresse, la bêtise, le laisser-aller, la saleté, le manque de volonté et de contrôle de soi, la laideur, la pauvreté, la faiblesse, etc.

Souvent les personnes rondes sont également considérées comme coupables puisque transgressant la norme de minceur avec des comportements alimentaires jugés inadéquats. « Nombreux sont ceux qui soulignent la responsabilité individuelle et considèrent l’obésité comme un échec, une faiblesse. « Si tu es gros, c’est de ta faute et si tu le restes, c’est que tu manques de volonté ! Les jugements s’adoucissent par contre lorsque l’obésité est liée à un problème physiologique (dérèglement hormonal, prise de médicaments…) même si de tels cas sont rarement perçus ou reconnus. » [3]

Toutes ces représentations de l’obésité et du surpoids contribuent à l’exclusion et à la discrimination de ceux qui n’entrent pas dans les critères de minceur de notre société. Ces personnes peuvent alors être victimes de traitements injustes dans différents domaines : au travail, dans le milieu médical, à l’école, dans les magasins, les transports en commun, etc. Les formes les plus courantes de comportements négatifs vis-à-vis des gros sont les moqueries, les commentaires déplaisants, les critiques, l’exclusion sociale (on ignore ou évite la personne). Parfois, des agressions physiques sont même relatées.


[1A. Vos et V. Monnet, « L’obésité, un choix de société ? » , Campus, n°87, sept.- oct. 2007

[2M-F Dispa, S’accepter, vraiment…, in Equilibre, juillet 2011

[3« Obésité les normes en questions », coll.. Exclusion-Inclusion, EP, 2009 - www.questionsante.be