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Une initiative de Question Santé asbl

Le surpoids dans histoire ?

De l’admiration des rondeurs…

L’apparence physique est, depuis la nuit des temps, une manière pour les individus de se distinguer les uns des autres, d’indiquer un certain pouvoir. C’est pourquoi nous usons depuis toujours d’artifices variés : vêtements, chapeaux, bijoux, maquillage, tatouages… mais aussi de notre corpulence.

Autrefois, lorsque les périodes de pénurie alimentaire étaient fréquentes, l’embonpoint était signe de force, de richesse, de puissance, bref, d’un statut social plutôt élevé. Il suffit d’ailleurs de regarder les peintures des banquets du Moyen-Age pour voir à quel point la gloutonnerie, ainsi que les grosseurs et le gras, étaient valorisés.

Mais, petit à petit, la nourriture s’est faite plus accessible. De la peur du manque alimentaire, il semble que l’on soit passé, à l’inverse, à la peur de l’excès. Un excès qui pourrait se révéler néfaste à notre santé, voire même nous empoisonner. [1] Les rondeurs ont alors perdu leur attrait et la minceur s’est petit à petit imposée comme idéal esthétique et, avec elle, la valorisation du contrôle alimentaire.



… à la course à la minceur

« Être gros lorsque la mode est aux minces n’est pas une douleur frivole. C’est une blessure qui atteint l’individu au plus profond de l’âme, qui bouleverse son être profond, qui fait vaciller son ego. Le gros, privé d’un corps aimable, se trouve empêché de la possibilité d’être pleinement lui-même. » [2]

Être gros est désormais considéré comme un échec et des personnes rondes sont régulièrement victimes de rejets et d’injustices.

De telles attitudes ont des conséquences très néfastes pour le bien-être des personnes : stigmatisées

et rejetées, certaines personnes en surpoids perdent progressivement l’estime d’elles-mêmes, tombant souvent dans un cercle vicieux d’épisodes dépressifs.

Les facteurs qui influencent notre désir d’être mince sont nombreux : l’industrie de la mode, de la pub, de l’agroalimentaire, l’entourage familial, les amis, le conjoint, etc. Même dans le domaine de la santé, le discours nous encourage à surveiller notre poids, et ce, indépendamment des raisons médicales qui peuvent justifier un régime. La minceur est, à tous points de vue, la norme à respecter !

Aujourd’hui, la minceur est plus que jamais valorisée. Elle est devenue LA norme
dominante. Toute personne en surpoids est dès lors considérée comme étant « hors norme ». Les rondeurs font l’objet d’un rejet extrême, tant de la part des personnes minces que des personnes ayant elles-mêmes un certain embonpoint et cela peut s’avérer assez difficile à vivre.

[1J.P. Corbeau, « La dimension sociale des peurs alimentaires », in Réalités en nutrition et en diabétologie, avril 2011

[2Je mange donc je suis, G. Apfeldorfer